Le musée de Joseph Denais  

Plan de situation M6
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« un jour au collège, mon voisin d'études m'offrit un vieux sou que lui avait refusé la marchande de marrons, et qui n'était rien moins qu'un beau bronze de Néron, trouvé récemment au petit moulin de Beaufort. On m'apprenait alors un peu de l'histoire romaine …

Depuis lors, malgré tant d'obligations qui m'éloignèrent, qui m'absorbèrent, je n'ai jamais perdu de vue le dessein de créer, à Beaufort, si invraisemblable que cela parût, un musée intéressant, impartial … capable d'instruire les habitants et de retenir ou même d'attirer les étrangers de passage ».

Joseph Denais dans sa préface de présentation du catalogue de son musée [DEN1]





Les premiers Denais à Beaufort

Généalogie simplifiée



Cliquer pour le tableau entier














Les publications de Joseph Denais



Le début des collections


Un musée provisoire


Joseph Denais et ses collections

Quand Joseph Denais naît le 21 octobre 1851, ses aïeux sont à Beaufort depuis plus d'un siècle.
Ils sont « filassiers » ou tisserands, quand la manufacture royale de toiles s'installe à Beaufort en 1750.
Un marché enregistré devant le notaire Jean Béritault en 1746 nous indique que Jacques Denais confie à Urbain Guichou tisserand, l'apprentissage de son fils Jacques pour seize mois.

Ce dernier est tisserand quand il épouse Renée Joubert le 11 octobre 1751.
Son fils Jean sera tisserand également mais ensuite Jean-Auguste et les deux fils de ce dernier, Auguste et Joseph, s'installent perruquiers coiffeurs.

Joseph, fils de ce dernier et de Henriette Safflet, montre probablement, dés son enfance, un vrai goût pour les études puisque ses parents l'envoient au collège de Combrée, de grande réputation dans le milieu catholique.

Il ne peut malheureusement supporter l'éloignement de sa famille et revient à Beaufort.
Il est inscrit au collège local mais n'y reste pas quand un directeur laïc y est nommé.
Il travaille alors comme clerc de notaire, ce qui lui donne goût de la recherche.

A l'âge de 17 ans, il obtient l'autorisation de classer les archives des sœurs hospitalières de Saint-Joseph, à l'hôtel-Dieu de Beaufort. Il en rédige l'histoire qu'il publiera en 1871. Il a vingt ans.

Il aurait voulu entrer à l'école des Chartes mais n'a malheureusement pas les moyens de s'y présenter.
Après un passage comme répétiteur au prytanée militaire de La Flèche, il commence en 1872 une carrière de journaliste, recommandé par Henri Jouin (1).

En 1876, il s'installe à Paris pour travailler au journal La Défense, fondé par Mgr Dupanloup (2).
En 1882, il est appelé à Rome, par le pape Léon XIII, pour travailler sur des sujets de politique française.
En 1894, son élection au secrétariat de l'Association des journalistes parisiens lui donne l'opportunité de voyager et se constituer un réseau de relations.

Après l'histoire de l'Hôtel-Dieu de Beaufort-en-Vallée, Joseph Denais publie un grand nombre d'ouvrages à caractère historique, en particulier concernant sa « petite patrie » de Beaufort.

Nous citerons :

- Jean Tarin, recteur de l'Université de Paris (1590-1666), notice biographique, d'après divers documents écrits, 1873
- Monographie de Notre-Dame de Beaufort-en-Vallée, église et paroisse, 1875
- M. l'abbé Augustin Le Boucher, curé de Beaufort, notes et souvenirs, 1886
- Un musicien du XVIe siècle, Jean Chardavoine, de Beaufort-en-Anjou, et le premier recueil imprimé de chansons populaires en 1575-1576, 1889,
- Le testament d'Antoinette de Turenne,
comtesse de Beaufort, femme du maréchal de Boucicault, 1889
- Les vitraux, statues et tableaux de l'église Notre-Dame de Beaufort, 1890
- Compte-rendu de la mission de Beaufort, 1892
- Le portefeuille d'un curieux. Notes et documents sur l'histoire, la littérature et l'archéologie angevine, 1913
- Le château de Beaufort et ses seigneurs, œuvre posthume 1928
- Beaufort ses monuments ses souvenirs, œuvre posthume 1937

Et, avec un cadre élargi à l'Anjou, citons encore :
- L'abbaye de Chaloché au diocèse d'Angers 1119 à 1790, 1873
- Hugues Pelletier (ancien curé de Beaufort), évêque constitutionnel de Maine-et-Loire, 1874
- L'armorial général de l'Anjou, 1879-1885
- Un mémoire sur le tombeau du roi René à la cathédrale d'Angers, 1892
- Sept peintures inédites (XVIe-XIXe siècle) à Angers et dans ses environs, 1893

- Un mémoire sur les portraits conservés dans les collections publiques d'Angers (les musées et l'évêché), 1896
- Une monographie de la cathédrale d'Angers, 1899


Parallèlement à ses activités professionnelles, il constitue patiemment ses collections à partir de quelques trouvailles faites lors de fouilles archéologiques au château de Beaufort.
Il les entrepose dans le grenier du cercle Jeanne de Laval - Voir fiche Logis Crouin. Dès les années 1873-1875, il jette les bases d'un futur musée devant son ami le docteur René Geslin et l'abbé Le Boucher, curé de la paroisse.

L'ampleur des collections devient vite trop importante pour les conserver dans les salles du cercle.
Joseph Denais se tourne, fin 1894, vers le conseil municipal pour demander la création d'un musée à Beaufort. Il offre en même temps les collections « qu'il a commencées, presque enfant, pour les laisser à sa ville natale ou, à défaut, au musée d'Angers ».

Il propose de créer le musée au premier étage des halles.
Le conseil, sous la présidence de Pierre Meffray (3) maire, accepte cette proposition avec empressement et engage la réflexion pour trouver un lieu d'accueil des collections. L'aménagement des greniers des halles s'avère difficile, risquant de provoquer les protestations des commerçants qui les utilisent.
La vieille mairie (4) est envisagée, ainsi qu'une maison disponible sur la place.

Finalement, le 7 août 1895, le conseil municipal donne son accord pour installer un musée provisoire au premier étage de l'hôtel de ville, en utilisant la salle des commissions, l'ancienne salle du télégraphe et celle occupée par la bibliothèque déplacée vers la salle des mariages.

Heureusement, une opportunité de création de musée apparaît bientôt en liaison avec l'agrandissement des locaux de la Caisse d’Épargne, implantée depuis 1884 tout prêt de l'église Notre-Dame.

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Sa maison de naissance ?

L'adolescence
place Jeanne de Laval


Des vacances
rue de l'Hôtel-de-Ville


Joseph Denais, enfant de Beaufort

Avant d'aborder les péripéties de la construction du musée, nous souhaîtons découvrir les lieux de vie de Joseph Denais à Beaufort.
Le journaliste écrivain, par ailleurs grand voyageur, est resté très discret sur ce sujet.

Et d'abord, dans quelle maison est-il né ?
Nous aimons découvrir de passage dans une rue, une plaque indiquant " Dans cette maison est né ... ".
Pour Joseph Denais, il n'y en a pas. Il serait né à côté de la maison où naquit Eloi Jourdain (5) ; lit-on dans une brochure éditée en 1937 [DEN2].
Ce serait donc dans l'actuelle rue de la Maladrerie. Une note manuscrite de Joseph Denais, conservée au musée, valide cette hypothèse.

D'après les registres de l'état-civil, son frère aîné Paul est né, quatre ans plus tôt, dans cette rue appelée alors rue du Puits-Bauchard.

Alors, quelle maison ?
Joseph père et Henriette Safflet ont bien reçu en partage, en 1847, une maison en bas de la rue des Palis mais, en 1851, elle est encore occupée par Jean Auguste le grand-père.
Cette maison qui fait l'angle avec la place Meffray, existe  encore aujourd'hui.

D'après les archives du recensement de la population, en 1851, Joseph Denais père, Marie Safflet, et leurs fils Paul et Henri sont recensés dans  le secteur de la rue du Puits-Bauchard. En 1856, les mêmes, plus Joseph fils qui a quatre ans, sont, cette fois recensés, rue Dodin.
Deux de leurs voisins
déjà cités en 1851, rue du Puits-Bauchard, sont également cités, cette fois çi, rue Dodin.

En recoupant encore les renseignements, nous arrivons finalement à l'angle sud des rues Dodin et de la Maladrerie.
Pas de chance. Un nouvel immeuble a été construit ici en 1896. Selon toute vraisemblance, il n'y a plus de maison natale de Joseph Denais.

Y a-t-il une maison de son enfance ?
Les parents Denais deviennent propriétaires en 1860 d'une maison sur la place de la Colonne (6).
Il s'agit de l'immeuble des n° 16-18 actuel.
Au recensement de 1861, ils sont en effet portés sur le secteur de cette place, avec leurs enfants, Paul, Henri, Joseph et, Marie la petite dernière. Même chose en 1866. Henriette fait alors, semble-t-il, profession dans le commerce de parapluies. Paul est élève pharmacien. Henri a quitté la maison des parents.

Y a-t-il, une maison du couple DENAIS-DUBOIS ?

Le couple habitait à Paris, au 34 de la rue Pigalle, dans un hôtel particulier appartenant aux parents du compositeur Benjamin Godard. Joseph avait son bureau au 10 rue Fontaine, à deux pas de l'appartement.

IL venait presque chaque année passer quelques vacances à Beaufort. Il séjournait alors  dans une maison
appartenant à une demoiselle Bridier, ses parents se sont retirés vers 1883, rue de l'Hôtel-de-Ville,, face à l'entrée du mail.
Cette maison avait été, d'après Célestin Port (7), l'hôtel particulier d'un ancien maître des
Eaux et Forêts.

C'est là que Marie-Joseph, leur deuxième enfant, est née en 1889.
Joseph Denais père y décède le 8 août 1887 et sa femme Henriette, le 28 juillet 1911.

Joseph Denais fils décède le 20 octobre 1916, dans une maison du hameau de Gaigné, à Beaufort. Peut-être était-il hébergé temporairement chez un ami ?

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Ouverture à Beaufort en 1836


Les premiers bureaux à la mairie


Un hôtel construit en 1883









Les Caisses d'Epargne et de Prévoyance

Depuis la fin du XVIIIe siècle, la prévoyance est reconnue comme la première des vertus : « de l'argent à la Caisse d’Épargne donne à l'ouvrier de la gaîté, de la confiance et de l'énergie, tandis que celui qui est à court d'argent est l'esclave de tout le monde » [LEV].
Le projet philanthropique des Caisses d’Épargne veut changer l'homme et la société [CHR]. La classe ouvrière a pris la funeste habitude de dépenser l'argent du travail dans les cabarets et loteries, les samedi jour de paye, dimanche jour de congé et à la « Saint-Lundi » (8).

Un parlementaire parisien et plus tard saumurois, Benjamin Delessert (9), propose en 1821 une loi abolissant la Loterie (10). Les économies seront mieux utilisées en les déposant chaque semaine à la Caisse d’Épargne.
Image> La clé d'argent

Par le miracle de la mathématique, en particulier des progressions géométriques, de modiques sommes, placées à un intérêt composé pendant plusieurs années, prétendent assurer au terme, une rente convenable au déposant.
Le raisonnement plaît et les établissements sont le plus souvent créés par les municipalités qui les considèrent d'intérêt public.
Le maire se réserve la présidence et le conseil municipal désigne les administrateurs, en s'octroyant une bonne part des postes.
Le conseil municipal élabore les statuts et vote une subvention pour la création de l'établissement. Les bureaux du caissier et la réception du public sont, le plus souvent, installés dans un coin de la mairie, voire chez le caissier lui-même, contre indemnité.

Benjamin Delessert avait participé à l'ouverture de la première Caisse, à Paris, en 1818.

La Caisse de Beaufort a été créée, plus tard, par ordonnance royale du 26 septembre 1836. Il y avait alors deux cents établissements de ce type en France.
La même année, la loi abolissant la Loterie est publiée.

Dans sa décision du 6 novembre 1835, l'assemblée municipale considère que la Caisse d’Épargne a pour « but de fournir à certaines classes de la société, surtout, le moyen de faire des économies qui par suite du temps, peuvent procurer d'agréables ressources à celui qui, né sans fortune, ne doit plus, dans l'âge avancé, espérer aucuns fruits de travaux pour lesquels il n'a plus d'aptitude ».

Le règlement prévoit une commission d'administration de douze membres choisis parmi les notables de la commune nommés par le conseil municipal.
La commission est présidée par le maire. Elle est renouvelée par moitié chaque année.

Le conseil municipal de Beaufort vote une première allocation de 1500 francs et nomme le caissier, seul agent rémunéré
Les bureaux sont hébergés dans la mairie.
La Caisse prend vite de l'importance et son espace de collecte s'étend sur les communes voisines. Les fonds propres augmentent rapidement et la Caisse rêve, à l'aube de la IIIe république, d'un bâtiment à hauteur de son succès, pour afficher son identité urbaine et sociale, auprès du nouvel Hôtel-de-Ville et de la « petite cathédrale » Notre-Dame.

La concurrence de la création, en 1882, de la Caisse Nationale d’Épargne, dans les guichets des bureaux de poste, pousse à un affichage urbain conséquent.
Le maire, Henri Grimoux, engage le projet.
La Caisse doit, de toutes façons, déménager depuis qu'il est question de construire une école des filles à l'emplacement de l'ancienne mairie.

Elle dispose alors d'une fortune personnelle d'environ 136 000 francs, mais pour construire son propre hôtel, elle y consacrera une somme maximale de 32 000 francs. Un terrain est disponible à la vente, près de l'église, dans le centre de la ville et des affaires, avec un accès facile.
Auguste Bibard (11), architecte à Angers est choisi pour dresser le projet. C'est son associé René Goblot qui, en fait, gère le dossier.

Il y a néanmoins un problème. Les statuts de 1836 ne permettent pas de placer les fonds de dotation en immeuble.
Il faut donc rédiger de nouveaux statuts. Ce qui est fait par le conseil municipal le 5 novembre 1882 et adopté le même jour par la commission de la Caisse. Le décret du 16 mars 1883 le rend applicable.

L'hôtel, construit en équerre avec entrée en pan coupé sur l'angle de la rue du Château et de la place du Marché-aux-Fruits (12) est terminé en 1884.
L'inauguration a lieu le 14 juillet. La dépense a largement dépassé les prévisions pour atteindre, au total, 64 965,75 francs.

image ci-après
> implantations des constructions
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Implantation
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L'agrandissement de 1898

L'architecte René Goblot


L'inauguration en 1901



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Agrandir photo mariage



Des dépenses contestées





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Caisse d'Epargne et municipalité
se séparent


La Ville propriétaire des bâtiments


Inauguration du musée rénové

La construction du musée 

Pierre Meffray , maire et président du conseil des directeurs de la Caisse meurt subitement en août 1896. Gustave Chevalier est élu maire. Le profil change. Républicain, ouvertement et passionnément anticlérical, il devient l'interlocuteur principal de Joseph Denais, fervent catholique .

Ce dernier sollicite la Ville pour qu'elle prenne officiellement possession des collections. En novembre 1896, le conseil municipal biaise en le remerciant du travail accompli et «  vote un nouveau crédit de 550 francs pour l'indemniser et l'invite à continuer ... ».

L'idée de poursuivre, comme on l'a dit, un projet commun d'agrandissement de la Caisse et de la construction d'un musée émanait-elle de l'ancien maire ? Comment le nouveau l'a-t-il adopté et repris à son compte ?
Comment la Caisse a-t-elle pu construire, sur ses fonds, des locaux qui n'étaient pas destinés à l'usage de ses services ?

Le conseil municipal est complètement muet sur ce sujet pendant la magistrature de Gustave Chevalier.
A défaut d'avoir pu accéder aux archives de la Caisse, nous puiserons nos renseignements, principalement dans la plaquette qui a été éditée à l'occasion du centenaire de l'établissement.

Fin 1896, la fortune personnelle de la Caisse est de près de 314 000 francs.
Sous le prétexte d'aménager un local pour les archives et une salle pour ses réunions, le conseil des directeurs de la Caisse décide d'acquérir un immeuble contigu à l'hôtel.
Les anciens locaux auraient suffi mais le projet est bien de construire un nouvel immeuble, pour accueillir au premier étage les collections du musée.

La Caisse assure donc la maîtrise d'ouvrage et utilise ses fonds propre pour un bâtiment que l'on veut remarquable, avec accès sur le parvis de l'église Notre-Dame et son nouveau portail finement sculpté.
Les travaux sont confiés à René Goblot, l'architecte qui a déjà construit l'hôtel.
Son projet est terminé en 1898. Les travaux sont attribués à l'entreprise Thomas de Saumur.

Le bâtiment principal borde la place Notre-Dame.
Sur une base solide et austère en granit destinée aux services de la Caisse, l'architecte dépose les galeries du musée avec des ouvertures généreuses en façade et une grande verrière en toiture.
Il relie ce bâtiment à l'hôtel ancien par une construction de transition.
L'architecte, en pleine belle époque, utilise sa formation « Beaux-Arts », peut faire œuvre de modernité. Il utilise les matériaux de l'industrie, fer, verre, brique, céramique, dessine des formes géométriques courbes, harmonise les couleurs et attache quelques sculptures allégoriques.

Peut-être encouragé par le maire, il use sans retenue du pittoresque et surprend ses contemporains. Maurice Trouillard, secrétaire du conseil des directeurs de la Caisse, le qualifie de « bizarre architecte » [WEY2]. Bizarre ? Attardons nous sur le personnage.

René Goblot est né le 7 décembre 1852 à Pont-Audemer, dans une famille très unie et solidaire. Tous, hommes et femmes, sont fortement attirés par le service public, pour se garantir un rang social convenable [ISA].
René devient angevin, en octobre 1869, quand son père Arsène est nommé agent voyer départemental à Angers.
Il envisageait sérieusement de tenter Polytechnique, comme l'a fait son oncle Edouard.

Après deux baccalauréats, en lettres, puis en sciences, en attendant de poursuivre ses études à Paris, il est employé comme commis au cabinet d'architecte d' Auguste Beignet (13). Ce dernier réalise, à ce moment, l'agrandissement de l'église Notre-Dame de Beaufort.
C'est pour René une révélation. Il deviendra architecte.

En 1872, il réussit l'entrée à l'école des Beaux-Arts de Paris. Il entre dans l'atelier de Julien Guadet, créateur de l'ordre des architectes.
Diplômé en 1877, René Goblot rejoint plus tard le cabinet de Auguste Bibard, à Angers. Les deux hommes s'associent sur certaines réalisations et, après le décès de Bibard en 1885, René Goblot prend sa suite.

En 1888, il épouse Marguerite Joubert, un bon parti. Il a trente six ans et, peu avant, il se désespérait encore de ne jamais pouvoir trouver une jeune fille qui convienne à son père comme bru.
Il s'est enfin décidé.

Joseph Denais, qui voit à Paris la préparation de l'exposition universelle (14), pour laquelle on construit le Grand Palais et le Petit Palais, découvre à Beaufort le projet de son « petit palais ». Il en avait d'ailleurs déjà projeté les volumes et l'organisation.
Le 23 août 1901, l'édifice est inauguré. L'année suivante, les services de la Caisse prennent possession des locaux du rez-de-chaussée.

L'exotisme de la façade du monument inspire. Pendant quelques décennies, elle sert de décor naturel pour des photos de groupes, en particulier les mariages.
Les invités passent très rapidement de la sortie de la cérémonie religieuse aux estrades de Maurice Delluc (15) et là, il faut être patient car l'artiste est méticuleux.
Image > façade du musée et photo de mariage

Au dessus de la porte d'entrée, mais trop haut pour être apprécié, un bas relief intégré au fronton accueille les déposants.
Il a été réalisé par Georges Saulo (16) en bronze doré aux dimensions de 1,5 m x 3,3 m. Il a pour thème « Le génie des Arts entouré de la Fortune et de l’Épargne ».

Le génie des Arts est représenté tenant une palette d'une main et un pinceau de l'autre.
A sa gauche, une muse dénudée appuyée sur une corne d'abondance représente la Fortune. Mais à l'arrière, la roue rappelle que la fortune peut être bonne ou mauvaise. Elle tourne d'un côté ou de l'autre. Allusion à la loterie ?
A sa droite, une autre muse, consulte un livre sur lequel sont inscrits ses comptes, symbolisant la Prévoyance de l'épargne.

Cette sculpture a été placée trop haut et n'a pu choquer les fidèles à leur entrée dans l'église proche.
Ce ne fut pas le cas à la Caisse d’Épargne de Lyon où deux allégories dénudées, placées juste au-dessus de la porte d'entrée, ont attiré un soulèvement général d'indignation.
Les passants les moins pudiques relevaient le contresens. La nudité, disait-on, annonçait plutôt la misère que l'économie. Quelle est en effet cette vertu qui n'a pas de quoi se couvrir ? [LEV].
Image ci-après> dessin du fronton

Le maire se flatte d'avoir élevé un bâtiment culturel moderne qui n'a pas coûté un centime aux habitants de Beaufort. Certes.

L'inspection des Finances s'est, quand même, penchée sur le dossier, en raison de l'importance des dépenses et de l'affectation des locaux. Celle-ci est contraire à l'esprit de la loi de 1895, dont l'article 10 n'autorise la construction d'immeubles par les Caisses d'autant qu'ils sont nécessaires à l'installation de leurs services.

La dépense totale payée, pour le terrain, les travaux de construction et le mobilier totalise 182 648,99 francs. Sur ce montant, certaines dépenses de décor sont jugées somptuaires. Joseph Denais en a fait le compte, environ 20 000 francs, sans compter le grand tableau commandé pour prendre place dans la salle des beaux-arts et payé 7500 francs [WEY2]. A titre de comparaison, le salaire annuel moyen d'un ouvrier, en 1900, est de 1150 francs.

Les valeurs immobilières, improductives de revenu, représentent alors, pour la caisse de Beaufort, un montant de 210 242,25 francs sur une fortune personnelle de 390 849,37 francs. 
Le rapport très serré des inspecteurs suscite une réponse énergique du président de la Caisse et l'affaire en reste là.
Retenons aujourd'hui que la Caisse d'Epargne fut le grand mécène du musée.

Pour l'installation des collections du musée, à l'étage, il faut attendre. Le maire et Joseph Denais ne s'entendent plus sur les aménagements.
La situation s'éclaircit enfin, en 1904, quand le docteur René Geslin, ami de Joseph Denais, bat le docteur Chevalier, aux élections municipales.

Les collections sont finalement installées en 1905, suivant les plans dressés par Joseph Denais. Un règlement est adopté et le musée ouvre ses portes au public le 5 novembre 1905.
Un bail, sous seing privé, a dû être consenti par la Caisse, pour la location à la commune des locaux destinés au musée.
Nous n'avons pas connaissance de son montant, certainement modique, comme nous allons voir ci-dessous.

Joseph Denais continue d'augmenter les collections, ce qui nécessite d'augmenter les surfaces. Les services de la Caisse libèrent des locaux.
Après son décès, le 20 octobre 1916, son épouse Lucie, puis sa fille Marie-Joseph poursuivent son œuvre.
Le 26 mai 1918, la municipalité de Beaufort décide de donner le nom de Joseph Denais au musée, et d'apposer une plaque correspondante au-dessus de la porte du rez-de-chaussée.

Quelques années plus tard, la Caisse d’Épargne, dont le rayon d'action s'étend maintenant sur une trentaine de communes, obtient son autonomie de gestion par décret du président de la République du 11 février 1922. Il y a de nouveaux statuts.
La Caisse n'est plus gérée par la municipalité.

En 1955, elle demande une revalorisation importante du loyer des locaux du musée, pour le passer de 10 000 francs à 65 000 francs annuels. Un compromis s'établit à 45 000 francs qui deviendront 450 francs nouveaux, neuf ans plus tard.

En 1986, la Caisse de Beaufort est absorbée par la Caisse d’Épargne d'Angers.
Un accord intervient pour un prix de la location de 5000 F annuel, montant considéré encore comme modique mais attaché à une promesse de cession à la Ville, de la partie musée, à l'issue des trois ans.
La vente est conclue en 1989 au prix de 700 000 F, la Caisse consentant un prêt sur 10 ans, au taux préférentiel de 8% l'an. Un règlement de copropriété est établi.

De 1987 à 1994, le fonctionnement du musée est assuré par la société des Amis du Musée Joseph Denais, créée en 1969, sous l'impulsion de Georges Doudon, alors conservateur bénévole.
En 1995, la Ville fait part de son souhait d'acquérir le reste de l'immeuble, si la Caisse décide de changer de site d'implantation.
La réalisation de la vente a lieu en 2000, au prix de 450 000 F, frais d'actes en sus.

Le musée est alors géré et animé par la Direction Associée des Musées Municipaux de Baugé, Beaufort-en-vallée et Parcay-les-Pins (DAMM), sous la tutelle scientifique de la conservation départementale, dans la forme d'un syndicat intercommunal à vocation unique.
Après cent ans de services, il devient nécessaire de rénover le musée, pour l'adapter aux normes de sécurité et aux besoins fonctionnels d'un tel lieu culturel.

La Ville engage, en 2006, un programme ambitieux d'agrandissement et de modernisation du musée.
Les bâtiments sont mis à disposition de l'architecte Bruno Pantz et de la muséographe Sophie Thomas. L'enveloppe financière consacrée à l'opération atteint 3 850 000 €, partagée entre l’État, différentes collectivités territoriales et un partenaire privé.

Le nouveau musée est inauguré le 8 juillet 2011. Il s'ouvre au public le lendemain.
Suivons le guide.


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Une pièce origine des collections



Le village de Saint-Pierre du Lac


Le château et le comté de Beaufort

Jeanne de Laval et les Beaufortais

L'église Notre-Dame




De l'histoire de Beaufort 

D'un musée d'histoire commencé avec ses propres découvertes, Joseph Denais est passé à un cabinet rassemblant des curiosités rapportées de ses nombreux voyages, et à un espace Beaux-Arts avec des œuvres données ou prêtées par des amis artistes , mécènes ou collectionneurs.

Ce n'est point notre propos d'embrasser d'un coup les collections du musée et encore moins de les approcher par leur valeur artistique ou historique.
Laissons cela aux publications officielles et aux spécialistes.

Notre approche ici, bien personnelle, est à la fois moins ambitieuse et plus curieuse.
Au hasard d'une rencontre, une œuvre ou un objet peut susciter un étonnement, rappeler un évènement, rapprocher d'une autre découverte, provoquer l'évasion et le rêve.
Partons dans le temps et voyageons.

La petite pièce de monnaie en bronze à l'effigie de Néron est, nous l'avons vu, à l'origine des collections de Joseph Denais dans la salle de l'antiquité.
Nous la découvrons dans un des tiroirs réservés à la numismatique
Crassus et les romains arrivent en Anjou en 57 avant Jésus-Christ. Ils s'y installent durablement malgré la résistance du chef andécave Dumnacus, finalement vaincu par Fabius, sur les bords de la Loire, du côté des Ponts-de-Cé.
Néron est empereur romain de 54 à 68.
La Loire sauvage, pas encore contenue entre des levées, vient baigner les premiers contreforts de l'immense massif forestier du Baugeois.
Des ilots émergent. Des populations s'y installent pour cultiver les terres recouvertes périodiquement d'alluvions, commercer par voie terrestre et fluviale. Elles doivent alors construire des défenses militaires.

Des vestiges de mobiliers et constructions gallo-romains, voir celtiques, tuiles, pavages, céramiques ... sont retrouvés ici ou là, mais surtout au Grand-Buzet, aux Marillères, aux Périers et à Baissai .
Ce dernier hameau se développe et la création au Xe siècle d'une chapelle dédiée à Saint-Pierre est à l'origine du village et de la paroisse de Saint-Pierre du Lac.
L'église est rasée à la Révolution mais des fragments d'une Mater Dolorosa sont retrouvés, en 1880, dans un champ voisin.
Cette « tête de vierge » en calcaire polychrome est attribuée à la fin du XVIe siècle.

Le village de Saint-Pierre-du-Lac ne se développe pas.
A partir du XIIe siècle, des levées sont construites progressivement pour contenir la Loire dans son lit majeur. Saint-Pierre n'est plus un port.
La population se rapproche de la motte naturelle où les comtes d'Anjou ont édifié un beau château fort -Bellum forte- pour renforcer la ligne de défense, au long du val de Loire.
Il faut faire face aux entreprises des comtes de Blois.
Ainsi naît Beaufort.

De cette époque le musée conserve, dans la salle Beaufort des origines au Moyen-Age, deux pions de tric-trac du XIIe siècle. Ils ont été  retrouvés vers 1869, avec un sceau de Fontaine Guérin du XVe siècle, dans un puits, lors de travaux de nettoyage à l'emplacement de l'ancien donjon.
Proche du jacquet et du backgammon, le tric-trac se joue avec quinze dames blanches et quinze dames noires sur un plateau ou tablier où sont tracées vingt-quatre flèches.
Au moyen-âge, c'est un jeu de distraction pour les seigneurs. Les pions sont en ivoire et représentent souvent des scènes de chasse. Ici c'est un lièvre et un animal fantastique.

Au XIVe siècle, le château fort est reconstruit par Guillaume Roger, devenu comte de Beaufort grâce à l'intercession de son frère le pape Clément VI. Le château perd progressivement son rôle militaire mais n'est pas pour autant transformé à la Renaissance, en château résidence.
Le roi René, duc d'Anjou et comte de Beaufort , dont le musée nous montre un portrait réaliste gravé en 1777 à partir des peintures de son contemporain Nicolas Froment, l'aménage au milieu du XVIe siècle.
Il  laisse l'administration du comté à ses épouses successives, Isabelle de Lorraine, puis Jeanne de Laval.

Cette dernière se montre particulièrement attentive aux intérêts des habitants de son comté.
Elle marque l'histoire locale en formalisant, en 1471, une charte pour l'usage des biens communaux, protégeant les habitants de la vallée des intrusions des bouchers nomades.

Quand la municipalité cherche un thème pour un tableau historique à placer dans le musée pour son ouverture en 1905, Joseph Denais propose de représenter la cérémonie de remise de la charte- Jeanne de Laval et les beaufortais.
Ce thème a déjà fait l'objet de la réalisation d'un vitrail dans une chapelle de l'église Notre-Dame.
Le maire a choisi le peintre Hippolyte Guy pour réaliser ce tableau.
Le tableau avait assez mal supporté les conditions inadaptées du lieu d'exposition. Il est restauré en 1995 par Nathalie Giffard de la Jaille, habituée à de tels travaux dans les musées angevins. Il est exposé dans la salle des Beaux-Arts.

C'est peut-être à Jeanne-de-Laval que les beaufortais doivent la construction de leur première église paroissiale dédiée à Notre-Dame, à l'emplacement d'une ancienne chapelle.
Joseph Denais dit que c'est possible.
Il n'y a pas de documents consultables aujourd'hui permettant de l'affirmer. Nous savons seulement qu'elle y avait sa chapelle, la chapelle de la Reine.

L'église a depuis été agrandie deux fois, d'abord la nef et le clocher monumental de l'architecte angevin Jean de Lespine (17) en 1542.
Toutefois l'ancien clocher fut maintenu jusqu'en 1807, date à laquelle on le rasa au niveau de la toiture.
On peut voir une représentation de l'église avec ce clocher dans un tableau du musée : le christ de la sénéchaussée de Beaufort peint en 1768 par François Roberdeau (18).
Au pied de la croix, l'artiste a figuré une vue de l'église avec les deux clochers telle qu'il pouvait la voir à cette date.
Il a aussi peint, à côté, une reconstitution toute personnelle du château fort, depuis longtemps en ruine.

Le deuxième agrandissement de l'église, presque une reconstruction, est réalisé en 1872, tel que nous pouvons la voir aujourd'hui.
Plusieurs éléments de l'église démontés à l'occasion de cet agrandissement ont intégré les collections du musée.
C'est en particulier le cas d'une sculpture sur bois datant du XVIIe siècle qui représente un ange sonnant de la trompette. Elle était placée en haut des anciennes orgues de l'église, construites en 1633.
Quand les jeux d'expression s'ouvraient, un bras articulé portait la trompette à la bouche de l'ange. A l'origine, il y avait une seconde trompette retenue par l'autre bras.
Cette sculpture est exposée dans la salle de Beaufort sous l'ancien régime.

Nous revenons maintenant dans la salle consacrée aux Beaux-Arts.


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Charles Bodinier
et la Comédie Française


Les salons de la IIIe république

De Nittis et la princesse Mathilde

Claudel et la petite châtelaine

Lenepveu et la toilette de Venus




Des Beaux-Arts 

Auguste Beignet et les sculpteurs Louis Noël et Max Bourgeois, après avoir travaillé à l'église Notre-Dame participent au démarrage de la section des Beaux-Arts du musée.
Un réseau d'amis, à Paris comme à Angers, œuvre autour de Joseph Denais pour constituer la collection [WEY1].
Louis Noël fait plusieurs dons de sculptures au musée.

Le buste de Charles Bodinier, un plâtre patiné, est une œuvre de cet artiste.
Charles Bodinier (19), un ami d'Auguste Beignet, comme lui un enfant de Beaufort, est devenu secrétaire général de la Comédie Française en 1882.
En janvier 1887, il ouvre un théâtre d'application pour les élèves du conservatoire qui ainsi se mettent en situation devant le public avec des pièces du répertoire.
Il démissionne de son poste de secrétaire général en 1889 mais garde la direction du théâtre, en même temps qu'il trouve un revenu fixe en assurant l'été la direction générale du casino des bains de mer de Royan.
Le théâtre d'application est concurrencé à Paris. Les spectateurs se raréfient.

Charles Bodinier transforme alors son théâtre en salle où se produisent des conférenciers à la mode et des artistes qui attirent un public choisi [MAR]. Il y joint une galerie d'exposition. Les représentations ont lieu de quatre à six heures.
La chanteuse Yvette Guilbert s'y produit et, paraît-il, donne le nom de « Bodinière » à ce salon maintenant très couru du Tout-Paris.
La Bodinière devient même, plus tard, un générique pour caractériser les petites salles de théâtre où les gens du monde viennent se délasser à l'audition de légers spectacles composés de conférences et concerts.

En 1896, Charles Bodinier crée d'ailleurs une telle salle dans la rotonde de l'ancien Grand-hôtel (20) d'Angers, près du grand théâtre.
Puis en 1902, il laisse, on ne sait pourquoi, son théâtre à ses concurrents et se retire, sans bruit, dans sa maison des Ponts de Cé (voir biographies).

Comme à la Bodinière, sous la IIIe république, les endroits où artistes, écrivains, politiciens qui veulent compter, se réunissent l'après-midi, sont nombreux. La norme c'est de cinq à sept, un ou plusieurs jours fixés dans la semaine.
Certaines femmes mondaines excellent dans leur organisation.
La Païva (21) reçoit une grande partie de l'élite masculine parisienne dans le luxueux hôtel qu'elle s'est fait construire sur les Champs-Elysées. Le vendredi, elle organise des diners restreints.
On y voit plusieurs fois Gambetta.
Le comte Henckel, mari de la Païva et ancien conseiller de Bismarck, sert de médiateur entre celui-ci et Gambetta.

Autre salon très couru, celui de la princesse Mathilde,
cousine de Napoléon III (22). Le musée expose un pastel réalisé par Giuseppe de Nittis et intitulé " une fête ".
Le salon de la rue de Courcelles était célèbre sous l'Empire. Après un court exil, la princesse  revient à Paris et s'installe dans un hôtel rue de Berri.
A partir de 1874, elle y reçoit, le mercredi, les gens de lettres et, un peu plus tard, des peintres. Edmond de Goncourt, qui est un fidèle, est très choqué de voir la princesse inviter aussi des comédiennes à sa table.
Le même Edmond de Goncourt, collectionneur passionné de japonisme, trouve charmants les diners du samedi chez le peintre Giuseppe de Nittis (23).

En 1896, le baron Alphonse de Rothschild (24) donne le tableau à la Ville de Beaufort, à titre inaliénable et sous condition expresse d'exposition au musée municipal.
Léontine de Nittis, l'épouse de Giuseppe, précise à Joseph Denais que ce tableau est une esquisse pour une toile réalisée à l'huile en 1883 et qu'il est possible d'y reconnaître le philosophe Ernest Renan (25).

Les deux tableaux ont d'ailleurs été réunis lors d'une exposition récente (26) au Petit-Palais, à Paris. Il y a des différences notables entre les deux.
Peut-être pourrait-on néanmoins reconnaître la princesse, dans l'un comme l'autre, en la dame au décolleté généreux, portant un diadème dans sa chevelure grisonnante. Au moment de l'exécution du tableau, la princesse a soixante-trois ans.

Passionnée de peinture, elle s'y adonne avec un réel succès.
Dans sa jeunesse, elle a eu une liaison quasi officielle avec le comte Emilien de Nieuwerkerke (27), surintendant des Beaux-Arts. Elle a fait son portrait en aquarelle.
Le musée de la vie romantique, à Paris, expose un paysage traité en lavis à l'encre de chine qu'elle a réalisé. Le musée l'a reçu d'un legs de Jacques Chazot (28), en 1993.

Le baron Alphonse de Rothschild a fait d'autres dons au musée. Nous aimons nous attarder sur le buste d'une fillette ou la petite châtelaine, sculpture de Camille Claudel (29).
Il existe plusieurs versions de la petite châtelaine, avec natte droite ou avec natte courbe, en plâtre patiné, en marbre ou en bronze.
La dernière de la série, semble-t-il, exécutée dans le marbre, est exposée au musée de la Piscine de Roubaix.
Les cheveux ne sont plus attachés, symbole d'une certaine rébellion à l'autorité.
Les yeux se lèvent pour rencontrer le regard de la mère. Peine perdue ?

La petite fille qui a servi de modèle est Marguerite Boyer. Elle avait alors six ans.
Camille Claudel séjournait alors au château de l'Islette, près d'Azay-le-Rideau.
C'est Auguste Rodin (30), son maître et amant, qui avait loué le château pour y abriter Camille dans un moment difficile.
Marguerite est la petite fille du propriétaire. Elle commençe à poser en septembre 1892. Le moulage est prêt l'année suivante.

La sculpture de Beaufort, en bronze, est à natte courbe. la fonte est attribuée à Gruet en 1895.
Achetée par Alphonse de Rothschild, elle a été offerte en 1896 à la Ville de Beaufort, dans les mêmes conditions que le tableau de De Nittis.

Camille Claudel, abandonnée par Rodin en 1898, s'isole. Elle travaille jusqu'en 1910, mais commence à souffrir de persécution. Sa mère obtient son internement en mars 1913. Abandonnée de tous, elle s'éteint en 1943.
Louis Vauxcelles (31) a dit « il y a deux grands noms de femmes dans l'art contemporain : Berthe Morisot et Camille Claudel » [PAR].

Dans la salle de Beaufort, la Révolution XIXe siècle, on ne manquera pas de lever les yeux pour découvrir
le dessin d'exécution, en grandeur d'exécution de 6m x 4,2m, de la toilette de Vénus peinte par Jules Lenepveu (32).
Ces dessins ont été récemment restaurés avec l'aide financière des Amis du musée.
L'oeuvre finale a été
peinte au plafond du salon de l'hôtel de son gendre, Lefebvre de Viefville, au parc de Monceau à Paris. Cet hôtel a disparu depuis.

Lenepveu et Denais sont devenus amis et le musée de Beaufort possède un fonds important de dessins légués par ce peintre.
Premier prix de Rome en peinture en 1847, les compositions historiques et allégoriques de Lenepveu le rendent célèbre. C'est le peintre préféré de Napoléon III.

Il est choisi par Charles Garnier (33) pour décorer la coupole de l'opéra de Paris, ce qui représente 200 m2 de surface.
Sur le thème des muses et des heures du jour et de la nuit, il réalise neuf tableaux : l'heure de travail, de la toilette et de la coquetterie, de la folie, de la gloire, de la chasse, de la richesse, de l'ivresse et de l'amour, du sommeil et des songes, du crime.
Cette œuvre a été recouverte en 1964 par un décor de Marc Chagall (34) sur la commande de André Malraux (35).
On peut néanmoins la revoir dans la maquette définitive exposée au musée d'Orsay, à Paris.
Des dessins préparatoires, exécutés au crayon sur des cartons de 22 x 25 cm, ont  été remis à Joseph Denais, pour son musée.

Nous quittons maintenant la salle des beaux-arts pour voyager.



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Les séjours en Turquie

La Trinité Saint-Serge en Russie

Les momies égyptiennes



Des curiosités exotiques 

Joseph Denais, nommé secrétaire de l'association des journalistes parisiens, part chaque année à l'étranger pour représenter l'association au congrès international.
La galerie des voyages expose les objets qu'il a rapporté ainsi.
Notre curiosité nous pousse à ouvrir un tiroir. Un chapelet musulman y est rangé. Il est constitué de trois séries de trente-trois grains de bois. Il vient de Turquie ou Denais a séjourné assez longuement.

En 1896, après le congrès de Budapest, Denais décide de poursuivre vers l'Orient : Belgrade, Sofia, Constantinople … la Grèce et, il revient à Constantinople. Le 7 août, il est invité par le sultan Abdul Amid II, au pouvoir depuis 1876.

Joseph Denais se lie d'amitié avec Damad Mahmoud, qui conteste l'absolutisme de son beau frère le sultan, à partir de 1878.
Joseph Denais reste pendant environ six mois en Turquie, d'où il envoie plusieurs notes anonymes aux journaux français.
Ralliés au mouvement des Jeunes-Turcs, Damad Mahmoud et ses deux fils arrivent en France en octobre 1899. Joseph Denais leur sert de guide. Quand Damad Mahmoud meurt à Bruxelles en 1903, il s'occupe de sa sépulture à Paris, au cimetière du Père Lachaise.

Plus tard, en 1908, après la révolution turque, il se charge de faire exhumer le corps de Damad Mahmoud et accompagne la dépouille et le prince Sababeddine jusqu'à Contantinople, via le port de Marseille.
Le 16 septembre 1908, Joseph Denais fait une intervention remarquée devant les journalistes ottomans réunis en association.
Dans sa conclusion, il formule le vœu de voir la Turquie trop longtemps affaiblie et méconnue, prendre l'une des meilleurs places parmi les grandes nations européennes.

Dans le même meuble,
un jouet en bois peint représentant la Laure de la Trinité Saint-Serge est déposé sur une étagère.
Il manque certains éléments
mais le clocher du monastère, un des plus haut de Russie, y est bien présent.
Joseph Denais a acheté ce jouet à la foire de Nijni Nougorod,  lors de son voyage en Russie, en 1900.

Ce monastère orthodoxe situé à 90 km de Moscou est un haut lieu de pèlerinage. L'église de la Trinité Saint-Serge est autrement célèbre parce qu'elle a abrité l'icône peinte en 1411 par Andrei Roublev (36), moine au couvent de la Trinité.
L'académicien français Dominique Fernandez a dit « la Trinité de Roublev est absolument magique, je la regarde comme un Raphaël » [RUS].
L'icône de la Trinité est considérée comme l'icône des icônes. Andrei Roublev a été canonisé en 1988.

Il est rare de découvrir dans un musée le corps d'une momie égyptienne. A Beaufort, il y en a deux, pour le plus grand bonheur des enfants qui peuvent approcher tout près.
Il y a d'abord le corps desséché d'une prêtresse Isiaque (37) du IIIe siècle, découverte par Albert Gayet (38) en 1908, dans un caveau d'Antinoë, sur la rive orientale du Nil.
Elle repose vêtue d'une robe brodée, un diadème de cédratier dans les cheveux.
Cette momie a fait l'objet d'un don du musée Guimet (39) pour le musée de Joseph Denais en 1909. Elle a été désinfectée, en 2007, dans un laboratoire spécialisé et restaurée ensuite pour être de nouveau exposée à Beaufort, à côté de son sarcophage.

L'autre momie est plus ancienne, attribuée à l'époque de Ptolémée, dernière dynastie des pharaons, de 332 à 30 av. JC.
Elle est entourée de bandelettes. Un masque funéraire en toile de lin enduite, polychromée et dorée couvre son visage.
Elle a été exhumée de la nécropole Hermopolis en Moyenne-Egypte, avec ses répondants (40), par Raymond Weil (41), en 1912. Le musée Guimet l'a envoyée à Beaufort en 1913.

Il se dit que l'une des momies a emporté dans son exode certains objets cachés dans son corps.


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Des expositions temporaires



Joseph Denais,
un parcours personnel difficile





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Le musée en héritage

Et plus encore à découvrir un jour

La collection du musée foisonne de 7000 objets et peut-être plus.
N'y a-t-il pas encore en sommeil, dans quelques cartons, une collection de dessins et estampes dont, un jour de 1993, un artiste venu en voisin, avait essayé de rendre compte à la société des Amis du Musée?
A l'issue de sa présentation, il avait d'ailleurs donné personnellement au musée un carton d'estampes et invité d'autres amateurs à accomplir le même geste.

L'invitation d'artistes pour des expositions temporaires contribue à la diversification des collections et renforce le potentiel culturel du musée.
Et parce que son créateur voulait que le musée constitue une excellente école pour les habitants et les étrangers de passage, le projet de rénovation n'a pas oublié la programmation des animations et la réservation d'un espace « service des publics ».

Joseph Denais, de tout là-haut, peut être très fier. L'excellente présentation qui est faite aujourd'hui des collections jadis léguées à " sa " ville ne doit pas occulter le souvenir de l'homme et de son travail qui va bien au-delà des présentations du musée.
Il a laissé une bibliothèque importante et  des documents d'archives  en grand nombre.
La bibliothèque municipale d'Angers et la bibliothèque Thiers à Paris donnent accès à ses documents aux chercheurs.

Il est juste que le temps apporte à Joseph Denais les honneurs et une vraie considération de ses compatriotes.
Il en a peut-être manqué, jadis, de la part des pouvoirs et institutions établies.
La société bourgeoise ne l'a apparemment guère adopté. Malgré ses cartes de visite de journaliste, d'écrivain, d'historien, d'archéologue … on ne l'a rencontré dans aucun salon parisien, média pourtant incontournable à l'époque.
Peut-être, n'y était-il pas à l'aise ?
Quand il a voulu soutenir des causes qui lui semblaient justes, comme en Turquie, il ne signait plus de son nom les articles envoyés à plusieurs journeaux.

Ses origines plutôt modestes le poursuivent. Il n'a pas pu faire les études dont il rêvait.
Vexation suprême : quand en 1883 ou 1884, après son séjour au Vatican, il demande la main de Lucie Dubois, madame Dubois mère, née Delarue, s'y oppose car Joseph ne peut présenter aucun quartier de noblesse. Il faut dire que des Dubois-Delarue n'hésitent pas à écrire leur nom Dubois de la Rüe.
L'idée vient alors à Joseph, à moins qu'on ne lui souffle, de postuler à un titre de comte romain héréditaire ou personnel. Il estime que les services rendus à la papauté peuvent lui valoir une réponse favorable.

Des courriers s'échangent avec le cardinal secrétaire d'Etat concerné.
In fine, à l'appui de son dossier, Joseph Denais est invité à présenter un état de sa fortune personnelle et immobilière.
En effet, on lui explique que le pape ne peut accorder des titres de comte qu'à des personnes qui par leur fortune peuvent les porter « noblement ».
Un autre beaufortais, Scévole René-Marie Pocquet de Livonnière (voir biographie), a obtenu le titre héréditaire, en 1870, à l'age de 25 ans. Un titre héréditaire est alors très exceptionnel.

Joseph, lui, n'a aucun patrimoine personnel. Il comprend qu'il n'a aucune chance.
Le 21 décembre 1886, il épouse néanmoins Lucie Dubois, qui a vingt-six ans et peut se passer du consentement de ses parents.
Image > pastel du couple Denais vers 1915

Son rôle de secrétaire de l'association des journalistes parisiens permettait à Joseph Denais de voyager et étudier, mais ne lui apportait pas de ressources régulières.
Cherchant une activité mieux rémunérée et plus sûre, il fait le constat que les portes des journaux ne lui sont pas ouvertes pour autant.
Il est question en 1898 de le faire entrer, comme bibliothécaire, au Musée social fondé par le comte de Chambrun (42). Le projet s'envole en fumée [LED].

Joseph Denais ne fut pas plus heureux pour obtenir la légion d'honneur. Les démarches de Alfred Mézières (43) de 1895 à 1897 furent vaines.
Son engagement en Turquie n'a peut-être pas été apprécié par la diplomatie française.

S'ajoutent à celà quelques difficultés relationnelles dans sa propre famille. Suite à ce qu'il a considéré comme une usurpation de signature de la part de son neveu, conseiller municipal puis député de Paris, il s'est fâché avec son frère Paul et la famille de celui-ci.
Pour ne pas faire trop de peine à sa mère, son autre frère Henri lui conseille de ne pas venir en Juillet à Beaufort, pour éviter d'y rencontrer Paul.

Malgré les difficultés Joseph Denais resta homme de convictions. Il porta jusqu'au bout les siennes et partagea avec consensualité celles des autres, pour laisser à ses patries, « la grande et la petite », un héritage inoubliable.

Très intéressé par la Franc-maçonnerie, pour la comprendre avant de la combattre, il se lance dans la publication d'une Bibliographie de la Franc-maçonnerie et des sociétés secrètes, en continuation des travaux de son ami, l'abbé Paul Fesch. La tâche est immense. Il n'ira pas au bout.
Très fatigué, il s'éteint à Beaufort, chez sa tante (44), dans une maison du hameau de Gaigné, à proximité du Boulerot où sera découvert en 2005 un village d'artisans vieux de 7000 ans. Quel bonheur il aurait eu de participer à l'inventaire
de ce site !

Dans son allocution funèbre, le 23 octobre 1916, le docteur Geslin maire et grand ami du défunt exprime " Beaufort fait une perte cruelle et irréparable en la personne de M. Joseph Denais, un de ses enfants qui lui font le plus d'honneur et l'ont le plus aimée ... j'ai pu connaître cet homme aimable, cet ami sûr, ce causeur fécond, qui vous tenait sous le charme de sa parole facile et toujours intéressante ... notre musée a été sa grande préoccupation, et c'est en le quittant après une journée de fatigue qu'il a dû s'aliter, pour ne plus se relever. On peut dire de lui comme de nos braves, qu'il est mort au champ d'honneur".

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Notes

(1) Henri Jouin (1841-1913), journaliste né à Angers, spécialiste des Beaux-Arts
(2) Mgr Félix Dupanloup (1802-1878), théologien et homme politique, actif défenseur de la liberté de l'enseignement
(3) Pierre Meffray (1835-1896), notaire honoraire, maire de Beaufort quand il décède le 15 août 1896
(4) la mairie avait été installée dans l'ancien couvent des Récollets, avant la construction de l'Hôtel-de-Ville en 1861
(5) Eloi Jourdain alias Charles de Sainte-Foi (1805-1863), écrivain catholique né à Beaufort (voir biographies)

(6 Place de la Colonne, aujourd'hui place Jeanne de Laval
(7) Célestin Port (1828-1901) historien, archiviste du département de Maine-et-Loire; il publie le dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire
(8) Saint-Lundi, jour souvent chômé pour récupérer des libations des jours précédents
(9) Benjamin Delessert (1773-1847), homme d'affaires et naturaliste français, député de Paris (1807-1824) et de Saumur (1827-1842)
(10) La Loterie, jeu d'argent et de hasard, devient monopole d'Etat à la fin du XVIIIe siècle
(11) Auguste Bibard (1823-1885), architecte angevin , né à Beaufort-en-vallée (voir biographies)
(12) Place du Marché aux Fruits ou place Pomone, aujourd'hui place Joseph Denais
(13) Auguste Beignet (1837-1924), architecte angevin né à Beaufort (voir biographies)
(14) En 1900, Joseph Denais est nommé vice-président de la commission supérieure de la presse à l'exposition universelle
(15) Le photographe beaufortais Maurice Delluc s'y faisait remarquer par la préparation minutieuse de la pose de ses groupes
(16) Georges Saulo (1865-1945), sculpteur français né à Angers
(17) Jean de Lespine (1505-1576) architecte angevin de la Renaissance
(18) François Roberdeau (1729-1810), lieutenant particulier civil de la sénéchaussée de Beaufort, maire de la Ville (1788-1790), vénérable de la loge de Saint-Jean du Secret
(19) Charles Bodinier (1844-1911), né à Beaufort (voir biographies)
(20) Le Grand-Hôtel d'Angers était situé à l'emplacement de l'actuel magasin des Galeries Lafayette, sur la place du Ralliement
(21) Ester Lachman, marquise de Païwa (1819-1884)
(22) Mathilde-Létizia Wilhelmine Bonaparte (1820-1904), cousine de Louis-Napoléon Bonaparte
(23) Giuseppe de Nittis (1846-1884), peintre italien
(24) Alphonse de Rothschild (1827-1905), banquier, grand collectionneur français et important donateur pour les musées régionaux
(25) Ernest renan (1823-1892), philosophe et historien français
(26) exposition du 20 octobre 2010 au 16 janvier 2011 au Petit-Palais à Paris
(27) Emilien de Nieuwerkerke (1811-1892), sculpteur français, directeur des Musées en 1849
(28) Jacques Chazot (1928-1993), danseur et homme du monde français
(29) Camille Claudel (1864-1943), sculpteur français, élève de Auguste Rodin
(30) Auguste Rodin (1840-1917), sculpteur français
(31) Louis Vauxcelles (1870-1945), grand critique d'art français
(32) Jules Lenepveu Boussaroque de Lafont(1819-1898), artiste peintre français, né à Angers
(33) Charles Garnier (1825-1898), architecte français
(34) Marc Chagall (1887-1985), peintre d'origine russe, naturalisé français
(35) André Malraux (1901-1976), écrivain français, ministre de la Culture de 1959 à 1969
(36) André Roublev, peintre d'icônes russe du XVe siècle
(37) La prêtresse isiaque décide de consacrer sa vie au culte de la déesse Isis
(38) Albert Gayet, 1856-1916, archéologue français
(39) créé à Paris en 1889 par Emile Guimet 1836-1918, industriel lyonnais, grand collectionneur d'art asiatique et d'ancienne Egypte
(40) Les répondants ou oushebetis sont de petites statuettes figurant des serviteurs funéraires
(41) Raymond Weil (1874-1950),officier du Génie et archéologue
(42) Joseph Aldebert Pineton de Chambrun (1821-1899), homme politique et philanthrope français
(43) Alfred Mézières (1826-1915), journaliste et homme politique français, président de l'association des journalistes parisiens
(44) Victoire Saintlot, Vve de Remi Safflet oncle maternel de Joseph Denais

Références

Bibliographie

[BEA] Ville de BEAUFORT, Les 100 ans du musée Joseph Denais, mai 2005
[CHR] CHRISTEN-LECUYER, Carole, Histoire sociale et culturelle des caisses d'épargne en France 1818-1881, Economica, 2004
[DEN1] DENAIS, Joseph, Catalogue illustré du musée de Beaufort, Germain et Grassin, 1908
[DEN2] DENAIS, Joseph, Beaufort ses monuments ses souvenirs, Editions de l'Ouest, 1937
[EPA] Caisse d'Epargne, Historique de la Caisse d'Epargne de Beaufort 1836-1936, plaquette du centenaire, 1936 [ISA] ISAMBERT-JAMARTI, Viviane, Solidarité fraternelle et réussite sociale, L'harmattan, 1995
[LED] LEDOS, E-G, Joseph Denais, écrivain et journaliste angevin-esquisse biographique et bibliographique, Angers, 1920
[LEV] LEVEAU-FERNANDEZ, Madeleine, Hôtels de Caisses d'Epargne, deux cents ans d'histoire, Les éditions de l'épargne, 1994[MAR] MARTIN-FUGIER, Anne, Les salons de la IIIe République, art, littérature, politique, Editions Perrin, 2010
[PAR] PARIS, Reine-Marie, Camille Claudel, Musée Marmottant Monet Paris 2005
[RUS] Les splendeurs de la Sainte Russie Hors série de la collection beaux-arts, à l'occasion de l'exposition de 2010, au musée du Louvre[LED] LEDOS, E.-G., Joseph Denais, esquisse biographique et bibliographique, Grassin, 1920
[WEY1] WEYGAND, Sophie, Joseph Denais (1851-1916) Le journal d'une collection, Archives d'Anjou n° 8 - 2004
[WEY2] WEYGAND, Sophie, Le génie des arts entouré de la fortune et de l'épargne : la construction du musée de Beaufort-en-vallée, Archives d'Anjou n° 8 - 2004




Sites Internet

http://www.damm49.fr/accueil.html



Entretiens

Cette fiche a été élaborée grâce à des entretiens personnels.

Je remercie en particulier :

- Sylvain Bertoldi, directeur des archives municipales d'Angers
- Sylvie Biet, conservateur en chef à la bibliothèque de l'Institut de France
- Carole Christen-Lecuyer, professeur d'université
- Sophie Weygand, conservateur des musées du département de Maine-et-Loire

et les habitués Louis Servins, pour des archives personnelles de la Caisse d'Epargne et Sandra Warron pour son assistance aux Archives départementales

ainsi que Chloé Bernaudeau de la DAMM pour l'envoi du dossier de presse de la réouverture du musée


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Date de mise à jour : 2 février  2012 (mise en page)                           Jean-Marie Schio